L'apôtre Jean nous conseille de "garder en nous la semence" (I Jean 3:9) et nous pouvons prendre l'exemple suivant pour illustrer ses paroles: si nous allons au jardin pour y observer la qualité des variétés de fruits sans graines, nous constaterons que ceux-ci sont plus gros et plus savoureux que ceux qui ont des graines, parce qu'en eux toute la sève est employée dans le seul but de rendre le fruit délicieux et succulent. Par analogie, si au lieu de dissiper notre substance, nous vivons chastement et élevons la force créatrice en vue de notre régénération, nous éthérisons et épurons notre corps physique par ce moyen, tout en fortifiant notre corps de l'âme. De la sorte, nous pouvons prolonger notre vie sur terre et multiplier ainsi de manière très sensible les occasions favorables à la croissance de l'âme et à notre avancement sur le Sentier.
La méditation sur des sujets élevés et inspirants a le pouvoir de littéralement transformer les énergies qui imprègnent les fluides sexuels, car ceux-ci sont vraiment porteurs de force éthérique, le véritable agent créateur. Un poème inspiré ou un passage des Ecritures peut servir à canaliser les pensées et le pouvoir créateur en courants qui élèvent l'être. En dirigeant, consciemment, les courants de l'amour pur venant du coeur vers les centres créateurs du cerveau, l'activité sexuelle est transmuée en activités mentales et spirituelles, entraînant une naissance correspondante sur les plans mental et spirituel.
Lorsque nous comprenons que le succès ne consiste pas en l'accumulation de richesses, mais en la croissance de l'âme, il devient évident que la chasteté est un important facteur pour parvenir au succès dans la vie.
L’être humain doit se tenir au-dessus de ses instincts. Cela veut dire: non pas se contraindre à l’abstinence, mais grâce à sa morale intérieure et pure, exercer une surveillance sur ses instincts afin qu’il n’en récolte aucun mal pour lui et pour les autres.
Si maint être humain s’imagine pouvoir s’élever plus haut spirituellement par l’abstinence sexuelle, alors il aboutira précisément au résultat contraire. Selon sa prédisposition, il se trouvera plus ou moins constamment en lutte contre ses instincts naturels. Ce combat requiert une grande partie de ses forces spirituelles et les maintient sous son emprise, de sorte qu’elles ne peuvent pas s’activer autrement. À cause de cela, le libre épanouissement de ses forces spirituelles ne peut prendre son essor, il s’en trouve empêché. Un tel être humain souffrira par moments d’une mélancolie accablante qui entrave tout essor intérieur joyeux.
Le corps est un bien que le Créateur a confié à l’être humain et qu’il a le devoir de soigner. Sous peine de châtiment, il ne peut pas impunément s’abstenir de satisfaire le besoin qu’a le corps de manger, de boire, de se reposer, de dormir et d’évacuer la vessie et l’intestin; tout comme le manque d’air frais et de mouvement se font bientôt désagréablement sentir, de même ne peut-on négliger le désir sain d’un corps apte à l’acte sexuel sans en éprouver un quelconque dommage.
L’accomplissement du désir naturel du corps ne peut que donner de l’élan à la vie intérieure de l’être humain, jamais l’entraver, sinon le Créateur ne l’y aurait pas déposé. Mais ici encore, comme partout ailleurs, tout excès nuit. Il faut rigoureusement faire attention à ce que le désir ne soit pas uniquement la conséquence d'une imagination artificiellement excitée par la lecture, ou encore que ce désir agisse sur un corps affaibli ou des nerfs surexcités. Il faut que ce soit uniquement l’exigence d’un corps sain, laquelle ne se manifeste pas très souvent chez l’être humain.
Et cela n’arrive que si s’est déjà instaurée auparavant entre deux personnes des deux sexes, une parfaite harmonie spirituelle qui, pour se conclure, aspire parfois à une union corporelle.
Toutes les autres raisons sont déshonorantes, impures et immorales pour les deux parties, même dans le mariage. Là où l’harmonie spirituelle n’existe pas, la poursuite d’une union conjugale devient une immoralité absolue. »